skip to content
Posts · décembre 2025

Le monde avant 2026


Bon, j’ai lu pas mal de trucs récemment (Le The Economist sur l’année 2026, pas mal de rapports de banques, tout ça tout ça). In fine, je vais faire quelques petites prédictions — anticipations, appelez ça comme vous voulez — pour 2026.

C’est écrit de façon brut, sans GPT (à part pour restructurer / corriger). Prenez pas ça trop au sérieux, je reste un simple kiffeur de 24 ans, je ne suis pas un analyste financier ou géopolitique, juste un chill guy.

L’idée principale est de faire un point sur le monde tel qu’il est avant 2026.

1. Vous n’avez pas fini d’entendre parler des rouges

Bon, en ce moment Trump et l’Europe sont sur le topic Ukraine (comme depuis un moment). Je n’ai aucune idée d’où ça mène, ni d’où ça nous mènera.

Mais que ça se finisse ou non, la défense restera un thème principal pour l’Europe. Les USA lâchent l’Europe car ils souhaitent se concentrer sur leur ennemi n°1 : la Chine. On va donc devoir se démerder.

Ça veut dire deux choses :

  1. L’investissement dans la défense n’est probablement pas mort, même si à l’annonce d’une paix les actions du domaine chuteront (opportunité imo).
  2. L’austérité sociale : Les gouvernements vont devoir investir davantage dans la défense. Or, un euro qui part dans la défense est un euro qui ne part pas dans le social.

Ça ferait sens que des mouvements sociaux se mettent en place, mais difficile de prévoir à quel degré. Les citoyens européens vont devoir accepter, quelque part, une baisse de leur niveau de vie. Si on rembourse moins la santé pour financer de l’armement, c’est notre pouvoir d’achat qui prend.

Depuis des décennies, on était sous perfusion de la protection américaine, donc on a réellement sous-investi notre défense. On ne va plus profiter des dividendes de la paix des États-Unis. It’s a new world.

NB : Les membres de l’OTAN visent un nouvel objectif de dépenses de 3.5% du PIB d’ici 2035.

Les éléments de language de nos dirigeants ont également changé. Auparavant, la question était “si” la Russie agressait l’Europe. Désormais, on est sur les questions “quand” et “comment”.

Mark Rutte, le secrétaire générale à l’OTAN, n’a pas hésité récemment :

Lien

Pour les sceptiques, Sergueï Karaganov, un des cerveaux de Poutine, a récemment déclaré ceci :

Lien

Nos dirigeants ont probablement raison d’essayer de nous réveiller. Tout ceci n’est qu’une question de temps, et tout ceci n’est qu’un cycle.

2. MEGA — Make Europe Great Again (ou pas)

En parlant de nouveau monde, le document le plus lunaire de l’année est probablement le « National Security Strategy of the United States of America » de novembre 2025. C’est un doc qui sort tous les ans sur les défis des USA (scène éco, géopolitique, etc.).

D’habitude, on est sur « blabla la Chine », « blabla les Russes ». Mais c’était avant le Trump World. Dans celui de cette année, les États-Unis parlent davantage des Européens que de leurs traditionnels ennemis.

Le document explique que les nations européennes sont des puissances en déclin, ayant cédé leur souveraineté à l’Union Européenne. Ce qui est fort amusant vu à quel point les USA ont eu un rôle primordial dans la construction de l’UE.

Dans un même temps, Musk fait des dizaines de tweets appelant à démanteler l’UE parce que X a mangé une amende.

Après cette altércation, les américains ont menacé des représailles sur plusieurs de nos entreprises, dont Mistral, Siemens ou Spotify. Traduisez : soit vous laissez nos entreprises faire ce qu’elles veulent, soit on entre en guerre économique.

Il faut être abruti pour ne pas voir le jeu des USA : diviser l’Europe pour négocier avec chaque pays un par un, là où ils auront bien plus de souplesse qu’avec l’Union Européenne représentant un bloc.

Vance critique le fait que l’UE empêche la « liberté d’expression » alors que la Maison-Blanche vient d’ouvrir un site sur lequel on peut signaler les « fake news » anti-Trump. What a joke.

freedom of speech i guess

L’administration Trump soutiendra le RN en 2027 (c’est déjà le cas d’ailleurs), l’AFD allemande et tout autre groupe eurosceptique. C’est strictement dans leur intérêt qu’on se sépare. À l’Europe de résister. Je doute qu’on réussisse, et ça serait dramatique.

Petit bonus : L’Europe veut pousser sa transition énergétique, mais dépend très fort de la Chine pour les matières premières. Cette transition est importante, pas pour l’écologie, mais pour la souveraineté énergétique. Tout ceci à un moment où la FRANCE, traditionnel moteur de l’UE, affiche un déficit de 5% du PIB.

3. La Chine n’envahira pas Taïwan

Bon celui-là c’est mon opinion, biaisée car 18% de mon portefeuille est investi dans une valeur taïwanaise (TSMC). Mais imo, la Chine n’envahira pas Taïwan sur le court terme.

Pourquoi ? Jensen Huang. Le PDG de NVIDIA a annoncé des investissements absolument colossaux sur l’île. Il est proche des hautes sphères de la Maison-Blanche et premier acteur de ce jeu d’échecs. Il a passé Thanksgiving avec le PDG de TSMC (Morris Chang). Il est plusieurs fois par mois à Taïwan.

Toute l’architecture technologique de haut niveau passe par Taïwan :

  • L’iPhone Air
  • La conduite autonome
  • Les puces PC et smartphones haut de gamme
  • La mémoire vive
  • Et surtout les puces IA d’NVIDIA ou les TPU de Google.

Si Jensen Huang avait un doute, il ne parierait pas à cette échelle sur l’île.

TSMC ouvre des usines (Allemagne, USA), mais tout le savoir-faire, toute la culture du haut niveau reste à Taïwan. Les dirigeants Taïwanais ne sont pas retarded. Ils savent que leur savoir-faire technologique, c’est leur parapluie contre l’envahisseur. Tout reste et restera là-bas pendant un long moment.

4. It’s always a debt problem

“C’est toujours un problème de dette.”

Phrase entendue quand je bossais chez Coinhouse et que j’ai toujours en tête. Jusqu’ici, les géants de la tech finançaient leur expansion par leurs fonds propres, car ces boîtes génèrent une quantité de cash absolument stratosphérique.

Depuis peu, on commence à voir une bonne vieille chimère apparaître : de la dette.

Fondamentalement, la dette n’est pas un problème. Si tu empruntes 1€ mais que ça te permet de gagner 1.50€ c’est ok. Mais pour l’instant, les investisseurs semblent dubitatifs sur les retours sur investissement (ROI).

Si l’IA est financée par la dette, et qu’elle ne tient pas ses promesses, ça va faire mal. Il faut absolument que l’IA génère de la valeur pour les entreprises assez rapidement. Pour l’instant, l’IA est SURTOUT utilisée dans le cadre personnel, mais encore très peu en entreprise.

Ce qui est important de souligner et ce qui augmente les risques, c’est que les dettes émises par les géants de l’IA se font souvent via des “Special Purpose Vehicule”, ou SPV.

Concrètement, prenons le cas de META (Facebook).

L’idée : META veut construire un datacenter en Louisiane qui coûte 27 milliards de dollars. Zuckerberg ne veut pas que cette dette apparaisse dans les comptes de META pour ne pas que ça inquiète les investisseurs.

La solution : créer un SPV.

  1. Créer une boîte à part : le SPV est une entreprise distincte, détenue à 80% par un investisseur externe (un fond d’investissement) et non par META.
  2. Le SPV emprunte : Ce SPV contracte la dette de 27 milliards, pas META.
  3. META est juste locataire : Le SPV construit et possède le datacenter. META ne fait que le louer, et le loyer que META paie sert à rembourser l’emprunt du SPV.

🎯 RÉSULTAT : la dette est hors-bilan, et donc opaque, ce qui n’est jamais une très bonne nouvelle.

En attendant, OpenAI (ChatGPT) est valorisée à hauteur de 500 Mds$ alors qu’elle crame du cash et ne sera pas rentable avant des années. À un moment, les actionnaires vont demander des comptes.

Et le dernier point sur l’IA, c’est qu’elle demande une quantité d’énergie tellement stratosphérique qu’on ne peut probablement pas se limiter aux limites terrestres. On va devoir pousser les murs, encore faut-il que ça marche.

NB : Je suis ultra exposé à la thématique IA. À ce stade je suis pas vendeur, mais je surveille ça comme le lait sur le feu.

5. L’indépendance de la Banque Fédérale Américaine, la dernière danse

Mi-2026, le président actuel de la banque fédérale américaine, J. Powell, aura terminé son mandat. Donald Trump semble vouloir mettre un de ses pantins à la tête de la Fed, et c’est un énorme risque.

Ken Griffin, directeur du fonds d’investissement Citadel, dit à la Maison-Blanche de garder ses distances avec la banque fédérale américaine.

À la base, une banque centrale monte les taux directeurs si l’inflation dérape, même si ça coûte cher à l’État (qui doit payer davantage sur sa dette). Si la FED perd son indépendance car elle est dirigée par Trump, elle collabore directement avec le Trésor Américain.

La dette des économies avancées est stratosphérique, le déficit aussi. Un loyaliste de Trump gardera les taux artificiellement bas pour financer le déficit. La FED va donc être forcée de monétiser la dette (imprimer de l’argent pour payer les factures de l’État).

Résultat ? La monnaie est dévaluée et l’inflation s’installe durablement. D’autant plus que Trump a mis en place des tarifs douaniers, qui sont inflationnistes par nature. 1970 PTSD ?

Volcker, aka l’homme qui a battu l’inflation des 70’s aux USA

L’autre problème est que l’actif que détient la FED, c’est sa crédibilité. Les investisseurs prêtent de l’argent aux USA à un taux raisonnable car ils pensent que la FED protégera la valeur du dollar en luttant contre l’inflation. Si les investisseurs pensent que la FED est devenue un outil politique, ils ne vont pas apprécier. Ils demanderont une rémunération plus importante pour prêter de l’argent à l’état américain.

No shit.

6. La France, échec et mat ?

Celui-ci sera peut-être un peu plus long, mais le sujet est UN PEU DENSE.

Le 9 juin 2024, Manu Mac a annoncé ce qui restera peut-être la pire décision politique de la Vème république : la dissolution.

Depuis cette dissolution, donc 1 an et demi, le pays est tout simplement bloqué. La configuration de l’assemblée actuellement est la suivante :

Pour faire simple, on est sur une composition 33%-33%-33% grossomodo. C’est un pur cauchemar.

Le pays est simplement bloqué depuis 1 an et demi, au moment ou on a jamais eu autant besoin de stabilité, d’adaptabilité et de vitesse d’exécution. Et on était déjà pas les champions en vitesse d’exécution.

Manu Mac est évidemment responsable de la situation, déjà parce qu’il a dissolu, mais surtout parce que la majorité, il l’a eu fût un temps. Il a juste été complètement naze avec.

Ceci étant dit, le point de blocage de pas mal de choses, c’est les retraites géantes des boomers.

Ces derniers mois, on a eu Barnier, Bayrou, et finalement Lecornu.

Barnier : a sauté pour avoir essayé de toucher aux retraites.

Bayrou : a sauté pour avoir essayé de toucher aux retraites plus frontalement.

Lecornu : reste car il a accepté de faire des concessions sur… Les retraites.

Le pays est dirigé par et pour les vieux.

Le problème étant que les vieux sont moins pauvres que les jeunes, qu’ils ont un patrimoine et donc très souvent pas de loyer, qu’ils n’ont pas d’obligation de se servir d’une bagnole, plus d’enfants à charge. Pas beaucoup de dépenses fixes à part la bouffe quoi.

Cette génération n’a pas voulu aider ses parents. Les vieux avant étaient réellement pauvre, car les vieux actuels ne cotisaient pas beaucoup pour eux.

Ces mêmes vieux qui ont refusé de financer leurs parents forcent les jeunes à cotiser de manière disproportionnée pour maintenir un train de vie plus confortable. Tellement confortable que le taux d’épargne moyen des +70 ans est de 25% (!!!!!) pendant que celui des jeunes de 30 ans est de 8%.

Les jeunes ne peuvent pas épargner, car sur leur salaire pas dingue, une partie énorme va dans la poche des vieux.

Pour un salaire médian, le boss te file 3500€, il te reste 2000€.

Sur ces 1500€ envolés — que tu ne reverras pas hein — , 750€ partent dans la poche d’un vieux, et 280€ dans la santé, qui est très largement pompé par les vieux aussi mdr.

En prenant en compte que les logements sont aussi essentiellement détenus par les boomers, si t’as un loyer de 700€, tu verses 1400€ aux vieux.

Il ne faut pas s’étonner de la faible natalité : les jeunes n’ont juste pas un rond, ne peuvent pas construire de projet de vie.

C’est un peu un problème quand ton système des retraites repose sur le fait que tout le monde fera de plus en plus de gosses.

Également, faut pas s’étonner que les jeunes ne se donnent pas trop au taf, et n’ai pas envie de travailler. Si travailler n’augmente pas ton niveau de vie ou la probabilité de réaliser tes projets, quel est l’objectif du travail ?

Ok donc quelles sont les solutions ?

Si je récapitule, les jeunes ont deux problèmes actuellement :

  • Leur loyer
  • Un vieux schnok qui vit sur leur dos

Pour le loyer, il n’y a pas 36 solutions, si les loyers sont élevés c’est parce que la demande dépasse l’offre. On ne peut pas réduire la demande (sauf si on tue les gens ?), donc il faut augmenter l’offre.

Tu construis, tu construis, tu construis des immeubles de 50 étages, des maisons, tu dérégules massivement le marché, tu fous la paix aux propriétaires.

Plus on construit, plus les loyers baissent.

D’ici 5 ans les loyers sont abordables et les propriétaires se battent pour remplir leur logement, ce qui profite aux consommateurs (nous).

Au Texas il y a suffisamment de logement. Résultat ? Les propriétaires offrent 10 semaines ou deux mois gratuits.

I’ts that easy pimps.

Pour les vieux, il n’y a pas non plus 36 solutions. Il faut prévoir une transition vers la capitalisation (comme tous les pays du monde quoi mdr), avec pour objectif que l’État n’assure plus qu’un minimum retraite.

Normalement, tu travailles, tu te construis un patrimoine, tu prends ta retraite et tu consommes le patrimoine que tu t’es construis.

Nous en France les vieux se construisent un patrimoine sous 25% de taux d’épargne financés par l’endettement de leurs petits enfants. Quand ils vous parlent de solidarité, dites leur qu’ils sont indécents. Cette même génération n’a pas été solidaire avec ses parents.

Enfin, ceci n’arrivera pas sans un grand événement. Les politiques ne peuvent pas arrêter de brosser les vieux, car les vieux sont les votants. Pour mettre fin à ce désastre, il faudra un événement économique, financier ou géopolitique important.

Le plus probable serait une crise de la dette, où nos prêteurs nous demandent davantages d’intêrets parce que nos finances publiques sont dans le rouge et incapables d’être corrigés. On entrerait ainsi dans une spirale de la dette, puis tutelle de la FMI (ou de la banque centrale européenne, ça importe peu).

Dans tous les cas c’est pas très cool, surtout pour les vieux. Demandez aux grecques.

Ça ne peut que terminer comme ça, car les vieux ne veulent fournir aucun efforts. Mais ça sera vraiment pas cool pour les actifs non plus, une crise de la dette c’est une récession, une génération sacrifiée, un taux de chômage qui s’envole (déjà le cas chez les jeunes).

Le timing de tout ça est impossible à prévoir ceci étant dit, est-ce que ça viendra dans l’année ? Dans 2 ans ? C’est juste que ça finira comme ça, ou un événement plus grave.

À la fin de l’écriture de ce chapitre, je vais sur Les Échos et je vois ça. Y a même pas de blague.

Dernier point, si c’est un aussi grand sujet, c’est parce que c’est de loin le premier poste de dépenses de l’état.

Les retraites coûtent 420 milliards par an. À titre de comparaison, l’éducation nationale coûte 90 milliards, sachant que sur ces 90 milliards, 20 milliards partent dans la retraite des profs (qui ne sont pas comptabilisés dans le régime de retraite générale, petite astuce).

On finance donc beaucoup plus le mode de vie généreux des vieux que l’éducation de la jeunesse. Faut pas s’étonner qu’on devienne ksos land.

Voilà grossomodo mes quelques opinions, je réutiliserais probablement ce blog à l’avenir pour poster d’autres conneries. Hésitez pas à me donnez vos opinions en MP sur Insta :).