
Le point commun entre bon nombre d’influenceurs finance et autre vendeur de formation, c’est bien la mise en valeur de DCA (Dollar Cost Averaging), une méthode “miracle” qui consiste à simplement acheter à une période régulière (toutes les semaines, tous les mois), sans faire attention au prix.
Pourtant, cette méthode n’est probablement pas aussi pertinente que ce qu’ils laissent l’entendre, et je ne suis pas le seul à penser ça.
Aujourd’hui, nous allons discuter un petit peu plus en pratique de l’investissement sur les marchés traditionnels, et de ma vision de la gestion de portefeuille.
Le DCA, vraiment pertinent ?
Bon, parlons dans un premier temps du fameux DCA.
Le DCA a ses avantages : il permet de lisser son prix d’investissement, de ne pas laisser place aux émotions et de laisser courir sur une longue période dans l’objectif d’un investissement très long terme.
Mais, il s’adresse à mon sens aux individus qui n’éprouvent réellement aucun intêret aux marchés, et qui veulent simplement profiter des performances des indices de la manière la plus simple possible.
Elle est pertinente sur les actifs qui ne peuvent pas faire présenter de défaillance. Je pense notamment à l’or ou le Bitcoin, mais nous pouvons également discuter des indices comme le SP500, pour qui sur une période supérieure à 20 ans, le DCA n’a jamais présenté de performance négative.

Mais, la stratégie n’est réellement pas à mettre en place pour tous les types d’actifs. Je pense par exemple aux altcoins, qui sont un excellent exemple car pour le coup, c’est un des pires choix pour moi. La majorité des altcoins sont ultra-cycliques, et ne retrouveront jamais leurs sommets, et pour certains ils ne reviendront même jamais.
J’ai une anecdote d’un proche qui avait acheté un shitcoin lors du bullrun 2017, une somme infime. Il l’a retrouvé en 2022, sans aucune valeur évidemment, mais surtout le shitcoin était tellement mort qu’il n’y avait même plus d’intéressé pour le racheter, l’orderbook était complètement vide. Donc il est simplement bloqué avec.
Ce n’est pas grave en l’occurrence, c’était une petite somme, mais j’imagine les personnes qui s’entêtent à DCA des alts, la douche risque d’être très froide.
Pour les actions individuelles, c’est un peu plus compliqué. Elles sont généralement assez volatiles, mais pour les valeurs extrêmement solides comme , pourquoi pas. Je ne pense pas que c’est la stratégie idéale, mais c’est une stratégie acceptable, surtout pour se constituer sereinement un fond de portefeuille très solide.
Par contre, mettre en place un DCA sur des actions extrêmement cycliques, comme ou , c’est prendre le risque que la position se retrouve sous l’eau longtemps. Et vous pouvez dire “pas vendu pas perdu”, et vous avez raison. Mais c’est du cash qui est bloqué dans une position perdante, alors qu’il serait probablement mieux ailleurs.
Si vous croyez en l’actif, Bitcoin est extrêmement cyclique et laisser tourner un DCA pendant une période de faible volatilité comme actuellement pour le revendre quand les journaux en parlent me semble être une stratégie pertinente. Pour ma part, je passe par Bitstack qui est une entreprise française, ce n’est pas un partenariat mais j’aime bien l’application et sa simplicité.
Donc, comme vous l’avez vu je suis assez mitigé sur le DCA. Je ne pense pas que tout est à jeter et que cette stratégie est forcément mauvaise, mais plutôt qu’elle doit s’adresser à un certain public et qu’elle n’est clairement pas pertinente pour tous les actifs.
Et, dans tous les cas, les marchés sont cycliques. Ce n’est pas qu’une question d’entrer sur les marchés, il faut également en sortir.
Comment j’aborde les marchés ?
Donc, nous avons vu que je ne trouvais pas forcément le DCA toujours pertinent, mais alors comment est-ce que j’aborde les marchés ?
Commençons par les cryptos.
Crypto
Désormais, je garde les choses simples au maximum. Déjà, il faut savoir que jusqu’à nouvel ordre, je ne détiens que du Bitcoin. Sa dominance vis-à-vis du reste du marché continue d’augmenter, et c’est une bonne chose à long terme.

En 2018, la “alt-season” a été beaucoup plus courte par rapport à celle de 2021. Comme je l’ai déjà dit dans certains articles sur le journal du coin, je doute que nous reviendrons à des niveaux très élevés de dominance comme ce fut le cas à partir de 2019, à +72% de dominance.
Mais, à chaque cycle, il n’y a qu’une seule certitude : le retour de Bitcoin. Depuis 2017, Ethereum semble aussi résister aux différents cycles, mais il perd en force contre le Bitcoin depuis plus d’un an maintenant.

Quand la tendance évoluera, j’échangerais peut-être une partie de mes Bitcoin contre de l’Ethereum.
Mais, je ne conserve pas aveuglément du Bitcoin. Jusqu’ici, lorsque nous arrivions sur un point clé, je me couvrais avec un short en levier 1, avec du Bitcoin en collatéral.
De cette façon, si nous cassions une résistance, mes gains étaient annulés en valeur en dollar, mais s’il y avait un repli je gagnais des Bitcoin supplémentaires.
Pourquoi jusqu’ici ? Parce que Bybit a annoncé qu’il ne sera plus possible de traiter sur sa plateforme si vous êtes domiciliés en France.
En d’autres termes, l’état pense me protéger en m’empêchant de… Me couvrir sur les marchés 😐. Je vais aviser pour trouver une solution, même si je pense déjà que je vais simplement retourner sur Deribit.
(Il n’y a aucun lien de parrainage ni aucun partenariat avec The Macronomist. Je vous parle simplement de mes outils).
Marché traditionnel
Je regroupe ici tout ce qui se traite ailleurs que sur les exchanges cryptos, les obligations, actions et ETF notamment.
Déjà, il faut savoir que j’ai beaucoup moins d’expérience sur les marchés traditionnels que sur les marchés cryptos. Je suis arrivé sur les marchés cryptos en fin 2019 début 2020, et je suis arrivé sur les marchés traditionnels au début de l’année 2022. Je me suis toujours intéressé aux marchés traditionnels, mais sans jamais passer le pas avant cela.
Ce qui m’a permis de me former très vite, c’était que je travaillais à cette époque pour Coinhouse, et beaucoup de mes collègues venaient des marchés traditionnels. Mes pauses dej se faisaient donc avec des gens qui avaient plus d’une décennie d’expérience sur les marchés traditionnels, et il n’y a à mon sens pas mieux qu’une discussion informelle pour apprendre plein de choses.
De même, quand j’avais une question, je n’avais qu’à la poser à mes collègues (et ça m’arrive encore de temps en temps).
Bref, je n’aborde pas de la même manière le marché crypto et le marché traditionnel. Jusqu’ici, pour mon portefeuille traditionnel, je me concentre sur deux choses que nous allons décortiquer :
Jouer les narratives à moyen terme
Me constituer un portefeuille solide à long terme
Jouer les narratives à moyen terme
Ça peut signifier beaucoup de choses, donc tentons de voir comment j’essaie de jouer ces narratives.
Restons en 2023 : je suis passé complètement à côté de la narrative IA et des performances hallucinantes de . Plusieurs raisons à cela :
En période de hausse des taux, je n’avais pas envie de m’exposer à des actions de croissance (a tort en l’occurrence).
Je n’ai pas assez considéré l’effet de la mise en place du BTFP, le plan de relance mit en place par la FED à la suite de la faillite de SVB.
Tout est une question de liquidité, et je l’ai appris une nouvelle fois avec cet exemple. Bref, cela m’a tout de même ouvert une porte pour mon achat sur l’énergie.
En avril, j’étais simplement tombé sur ce graphique :

Il met en évidence le ratio prix / bénéfice par secteur, avec une médiane sur 30 ans. J’avais trois raisons de penser que l’énergie pouvait surperformer d’ici la fin d’année :
Elle était objectivement sous évalué, ce que nous pouvons remarquer sur le graphique précédent.
Cela ne suffit pas. J’avais également la conviction que dans un monde qui se fragmente de plus en plus, l’énergie et les matières premières avaient une place centrale. C’est un élément auquel peu d’intervenants pensent, car durant toute la décennie 2010-2020, les matières premières et l’énergie n’était même pas un sujet.
L’Europe n’avait plus la Russie comme fournisseur d’énergie, ce qui pouvait exercer une pression sur les prix et l’Opep ralentissait volontairement sa production de pétrole depuis plusieurs mois
Pendant que les intervenants avaient les yeux sur l’intelligence artificielle et les méga capitalisations liées à ces nouvelles technologies, j’en ai profité pour être acheteur sur l’ETF lié à l’énergie “XLE”. Depuis il performe mieux qu’une écrasante majorité des secteurs, notamment grâce à l’explosion du prix du pétrole à partir de l’été, qui s’est exacerbé avec les nouvelles tensions du conflit israélo-palestinien.
Donc quel est le bilan de ce trade ? À la fois, ce secteur était bien sous-évalué, pas vraiment de doute pour moi sur ce sujet. À la fois, il y a eu un peu de “chance”, ou du moins des zones d’ombre qui se sont avérées aller dans mon sens. Mais c’est également ça les marchés, cela reste un pari, et il faut parfois un peu de chance car vous ne savez pas tout.
Pour l’instant, j’ai sorti seulement 30% de cette position sur l’énergie. Je la garderais jusqu’à ce qu’elle ne surperforme plus.

Pour l’instant, je n’ai pas le dénouement de ce trade, mais à 5% de rendement avec pour contrepartie l’État américain, j’ai confiance dans le fait que les institutionnels achèteront pour profiter de ce rendement. Également, les obligations s’emballent depuis maintenant un petit moment, et j’ai l’impression que les intervenants sont trop pessimistes à l’égard de la dette américaine.
C’est un pari, et je suis prêt à prendre une perte.
En quelque sorte, ma stratégie et donc de repérer les dysfonctionnements du marché, les mouvements qui me semblent excessifs, et prendre le trade inverse. Mais comme vous le voyez, c’est assez rare, je n’ai pas constamment un avantage sur les marchés et je prends donc ce qui vient à moi.
Construire un portefeuille long terme
C’est la deuxième mission, et c’est un travail de fond. Mon plan pour mon portefeuille long terme est clair ; j’attends un krach des marchés pour me placer. J’ai déjà dans ma liste de surveillance les actions qui m’intéresseront, je vous remets la liste ci-dessous :

Ça, c’est du côté des actions qui m’intéressent, et pour le reste je me placerais sur des indices américains et pays émergents, notamment l’Inde, grâce à des ETF.
Je ne pense pas qu’attendre un krach veut dire que je suis excessivement pessimiste, à mon sens le marché marche sur des œufs avec la hausse des taux directeurs. Tous les cycles de hausse des taux directeurs se sont terminés par une correction, et une hausse du chômage, donc je parie simplement sur le fait que cette fois-ci, ce n’est pas différent.
Cela prendra le temps que ça prendra, je ne suis pas pressé.
Conclusion
Comme vous l’avez vu, j’ai ma façon d’aborder les marchés et je pense que c’est le cas pour un peu tout le monde. Je cherche surtout à obtenir des données, graphiques et j’essaie de comprendre au mieux les enjeux du monde actuel.
Est-ce que c’est la méthode ultime ? Non. Il n’y a de toute façon pas de méthode ultime, et c’est pour cela que je reste sceptique à propos d’une majorité des formations sur l’investissement.
Pour moi, investir c’est avant tout une question d’adaptation. Une formation est par définition un contenu froid, son contenu peut être véridique à l’instant T mais ne plus l’être du tout 5 ans plus tard.
C’est exactement pour cette raison que lorsque CryptoPicsou m’a demandé qu’est-ce que je conseillais pour débuter dans les marchés traditionnels, j’ai surtout conseillé d’investir dans l’information :
La qualité de l’information est à mon sens prépondérante sur les marchés. Peu importe ce que vous préférez, il y a ce journal et “les échos” en France, des chaînes comme “Grand Angle” qui fournissent un bon contenu d’actualité et qui permettent de capter les changements du monde. La chaîne Youtube “Heureka” permet de bien comprendre les bases de l’économie gratuitement.
Mais la finance est avant tout un monde anglophone, et pour cela vous avez l’embarra du choix : Financial Times, ZeroHedge, Wall Street Journal… Le choix se fait en fonction de votre niveau de compréhension, et de votre style d’écriture préféré.
Acheter une formation bourse pour lire “faîtes un DCA sur le SP500 pendant 50 ans et devenez millionnaire”, vous pouvez le trouver vous-même gratuitement. L’information au quotidien, de qualité, idéalement vulgarisé, hélas cela passe souvent par un abonnement payant. Mais je pense que cela sera plus intéressant qu’acheter une majorité des formations.
Il faut s’exposer régulièrement à ce type de lecture, et plus vous allez comprendre des choses plus vous allez réussir à repérer des bons mouvements à faire. Les opportunités ne tombent pas sur la table tous les jours.
Et une dernière chose avant de clôturer cet article : si vous avez des compétences ou des connaissances dans un domaine spécifique, vous devez vous en servir. Par exemple, vous êtes opticiens, cherchez des boîtes en bourse liées à ce secteur : vous avez un avantage sur le reste des intervenants car vous comprenez bien mieux ce secteur qu’eux !
Je vous invite comme d’habitude à relayer l’article à vos proches intéressés par la finance ⬇