
Nous parlons souvent de différentes données liées aux options, pour autant nous n’en avons parlé au cours d’un article dédié.
Peu importe si après la lecture de cet article vous essayez de trader les options. L’intêret ici est d’au minimum comprendre, afin de pouvoir avoir une compréhension des données optionnelles.
À mon sens, c’est le produit financier le plus complexe à utiliser activement. Néanmoins, les données issues des options sont précieuses.
Qu’est-ce qu’une option ?
Reprenons les bases.
Le principe d’une option est un contrat financier qui donne à son détenteur le droit, mais pas l’obligation, d’acheter ou de vendre un actif (comme une action, un indice, une crypto…) à un prix convenu à l’avance (appelé prix d’exercice ou strike price) à une date donnée.
Cette date donnée peut être très courte, comme nous en avions discuté dans l’article “Pourquoi le VIX n’est plus si pertinent ?” avec les options 0DTE (0 day to expiry), mais vous pouvez aussi avoir des options avec pour horizon de temps deux ans.
Quand vous tradez les options, vous avez le choix entre 4 possibilités, contrairement au contrat futures que vous ne pouvez qu’acheter ou vendre.
Vous pouvez :
Acheter une option d’achat (call option)
Acheter une option de vente (put option)
Vendre une option d’achat
Vendre une option de vente

Quand vous achetez une option d’achat, vous avez le droit (mais pas l’obligation) d’acheter le sous-jacent à un prix donné dans un délai donné.
Si vous vendez une option d’achat, vous avez l’obligation de vendre le sous-jacent au prix fixé préalablement (strike price) avant une date définie (expiration).
Quand vous achetez une option de vente, vous avez le droit mais pas l’obligation de vendre le sous-jacent à un prix fixé dans un délai donné.
Si vous vendez une option de vente, vous avez l’obligation d’acheter le sous-jacent si l’acheteur de l’option de vente décide d’invoquer son droit de vendre le sous-jacent.
Dans la plupart des cas, les options ne sont pas utilisées seules. Elles sont (correctement) utilisées dans l’objectif de se couvrir, ou dans le cadre d’une stratégie d’option dite “complexe”. Une stratégie d’option complexe implique l’utilisation de plusieurs contrats d’options simultanément.
Je l’avais déjà dit dans cette newsletter, mais n’utilisez pas (ou dans des cas très spécifiques) les options pour faire du trading directionnel.
Qu’est-ce que la volatilité ?
La volatilité est l’ampleur de fluctuations du cours de l’action, sans tenir compte de la direction qu’elle prend.
Il existe deux formes de volatilité à prendre en compte :
La volatilité historique (Historical volatility, HV)
La volatilité implicite (Implied Volatility, IV)
La volatilité historique mesure l’écart à la moyenne des variations de cours d’un titre sur une période donnée. Pour garder les choses simples : il s’agit de l’ampleur des fluctuations quotidiennes du cours sur une période donnée.
Nous voyons ci-dessous la volatilité historique de et .

L’action GME est bien plus volatile que l’action Ko (Coca-Cola), sa variation est plus grande. J’ai pris un exemple marquant, GME étant un “meme stock” très volatil, et KO étant réputé pour être une action très peu volatile.
Le second type de volatilité, la volatilité implicite pourrait se traduire par la volatilité “attendue” à l’avenir de l’actif sous-jacent. C’est la volatilité supposée par le marché sur une période donnée.
En fonction de ce qu’il se passe, des rumeurs et des événements attendus, la volatilité implicite va augmenter ou descendre. À l’approche de la saison des résultats ou d’une décision de justice, la volatilité implicite augmente et donc, le prix des options également.
Sans option, il n’y aurait pas de moyen de calculer la volatilité implicite.
Si la volatilité implicite augmente, c’est positif pour l’acheteur et négatif pour le vendeur, à l’inverse si elle baisse, c’est positif pour le vendeur et négatif pour l’acheteur.
Elle s’exprime généralement sous forme de pourcentage du prix de l’action, indiquant donc un mouvement d’un écart type. Une action devrait se situer à l’intérieur de l’écart type d’origine 68% du temps. Elle se situera à l’intérieur de deux écarts types dans 95% des cas, et de trois écarts types dans 99% des cas.

Prenons un exemple, avec les option .
J’utilise OpenBB pour avoir accès aux données optionnelles sur les marchés traditionnels. Pour ce faire, une fois que OpenBB et lancé, je dois rentrer la commande “stocks”, puis “options”, charger les données de l’action KO grâce à la commande “load ko”, et je termine avec la commande “info”.

Bien ! Nous avons également ci-dessus l’historical volatility, qui est ici notre écart type.
Passons au calcul.
Le prix du sous-jacent (en l’occurence, l’action KO) est de 62,65$ à l’heure ou j’écris ces lignes. La volatilité implicite est de 11.22%, et la volatilité historique est de 12.20%.
Formule : Prix actuel de l’action ± (Prix actuel de l’action * Volatilité implicite * Écart-type (HV)).
Le résultat est 0.898918.
Durant le prochain mois, il y a une probabilité de 68% que l’action KO reste dans un canal entre 61,75 $ et 63,54 $. (62.65 - 0.89 & 62.65 + 0.89)

OTM, ATM et ITM
Le prix d’exercice (ou strike price) est une des paramètres que vous devez choisir lorsque vous achetez ou vendez une option.
Dans le cas d’une option d’achat (call) :
In the money (ITM), c’est que vous traitez une option dont le prix d’exercice est inférieur au cours du sous-jacent.
At the Money (ATM), c’est que vous traitez une option dont le prix d’exercice est proche du cours du sous-jacent.
Out of the money (OTM), c’est que vous traitez une option dont le prix d’exercice est supérieur au cours du sous-jacent.
Dans le cas d’une option de vente :
In the money (ITM), c’est que vous traitez une option dont le prix d’exercice est supérieur au cours du sous-jacent.
At the money (ATM), c’est que vous traitez une option dont le prix d’exercice est proche du cours du sous-jacent.
Out of the money (OTM), c’est que vous traitez une option dont le prix d’exercice est inférieur au cours du sous-jacent.
Prenons un exemple avec les options sur Bitcoin.
Voilà ce qu’on appelle l’option chain. C’est une liste complète de toutes les options disponibles pour un actif sous-jacent donné, ici Bitcoin.

Elle présente toutes les options d’achat (à gauche) et de vente (à droite) pour cet actif, en indiquant les différents prix d’exercice (strikes) au milieu.
Ici, j’ai pris pour date d’expiration le 4 août 2023.

À l’heure ou j’écris ces lignes, le Bitcoin est au prix d’environ 29 350$. J’ai annoté ci-dessous ce que nous venons d’énumérer plus haut. N’hésitez pas à cliquer sur l’image pour pouvoir lire.

Le prix de l’option sur le marché, que je vous avais annoté ci-dessus, représente la prime. Il s’agit, pour le vendeur d’option, de la contrepartie de son obligation à vendre le sous-jacent (s’il a vendu un call) ou l’acheter (s’il a vendu un put). Si l’option est acquise par un acheteur, alors le vendeur encaissera cette prime.
La prime d’option à deux composantes : la valeur intrinsèque, et la valeur temps.
La valeur intrinsèque représente le profit réalisable si elle est immédiatement exercée. C’est ce qui explique que plus l’action est In the Money, plus la prime est élevée.
La valeur temps est directement liée à l’échéance. En fait, ce n’est qu’une simple question de probabilité. Si vous traitez une option 0DTE (avec une expiration dans -24h), il peut se passer bien moins d’événements que si vous traitez une option expirant dans 2 ans. Plus la date d’expiration approche, plus la valeur temps s’effondre.
Lexique
Nous avons vu beaucoup de termes aujourd’hui ! Je récapitule ces derniers ici, pour gagner en clarté lors des prochains épisodes.
Option d’achat (Call) : Une option qui donne au détenteur le droit d’acheter l’actif sous-jacent au prix d’exercice avant ou à la date d’expiration.
Option de vente (Put) : Une option qui donne au détenteur le droit de vendre l’actif sous-jacent au prix d’exercice avant ou à la date d’expiration.
Actif sous-jacent : L’actif sur lequel l’option est basée, comme une action, une devise, une matière première, un indice, etc.
Prix d’exercice (Strike) : Le prix auquel l’actif sous-jacent peut être acheté ou vendu lorsque l’option est exercée.
Date d’expiration : La date à laquelle l’option expire.
Prime : Le coût de l’option payé par l’acheteur au vendeur. Il représente également le prix de vente reçu par le vendeur de l’option.
In-the-Money (ITM) : Une option d’achat dont le prix d’exercice est inférieur au prix actuel de l’actif sous-jacent, ou une option de vente dont le prix d’exercice est supérieur au prix actuel de l’actif sous-jacent.
Out-of-the-Money (OTM) : Une option d’achat dont le prix d’exercice est supérieur au prix actuel de l’actif sous-jacent, ou une option de vente dont le prix d’exercice est inférieur au prix actuel de l’actif sous-jacent.
At-the-Money (ATM) : Une option dont le prix d’exercice est égal ou très proche du prix actuel de l’actif sous-jacent.
Volatilité : Une mesure de la variation des prix de l’actif sous-jacent. Une volatilité plus élevée entraîne généralement une prime d’option plus élevée.
Échéance : La période restante jusqu’à la date d’expiration de l’option.
Comme je vous l’ai dit, les options sont un produit financier assez complexe, même le plus complexe à mon sens. J’espère sincèrement que j’aurais réussi à être clair au cours de ce premier article, car il est prépondérant si nous venons à en faire une série. Ce premier article était très théorique, mais nous discuterons par la suite de stratégie d’options plus concrètes, ce qui devrait largement aider dans votre compréhension.
Si certains sont trop pressés par l’apprentissage de ce produit dérivé, n’oubliez pas qu’il y a une page Ressources et Outils dans laquelle vous devriez trouver votre bonheur.