
Nous avons réalisé 3 volets sur les options, pour expliquer les principes de base de ce produit dérivé complexe, mais au combien important sur les marchés financiers actuels.
Avec ces connaissances, vous devriez désormais être en mesure de comprendre la lecture des données relatives aux options. C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.
Les différents types de volatilité
Vous l’avez remarqué si vous avez bien suivi les 3 premiers volets, lorsque vous traitez des options vous traitez la volatilité.
Et plus exactement, vous traitez la volatilité attendue par les intervenants (ou, en terme financier, la volatilité implicite).
Nous considérerons ici qu’il y a 3 types de volatilité.
La volatilité du marché
Vous avez dans un premier temps la volatilité du marché.
Considérez que je parlerais essentiellement du marché crypto dans ce volet, d’une part car c’est le seul marché sur lequel je traite des options, mais également car il est beaucoup plus facile de trouver des données issues des options sur ce marché.
💡Le marché crypto est exceptionnel au niveau de l’accès aux données. Tout est trouvable facilement, gratuitement ou peu cher, si l’on compare aux outils destinés aux marchés traditionnels.
La volatilité du marché crypto est importante, comparé à celle des indices actions par exemple.
Vous avez donc la volatilité de marché, qui inclue les actifs sous-jacents à l’intérieur.

La volatilité non-évenementielle
Une fois dans ce marché, regardons de plus près avec la volatilité non-évenementielle.
Par exemple, à l’échelle du marché crypto, le Bitcoin a une volatilité non-évenementielle moins élevée qu’une altcoin. Cela s’explique par le fait que le Bitcoin est la plus grande capitalisation, la plus liquide et avec le plus de volume. Il est donc plus difficile de le faire bouger qu’un altcoin.

La volatilité évenementielle
Il s’agit de la volatilité lorsqu’un événement arrive. Récemment, nous pourrions citer l’exemple de l’ETF Bitcoin qui a ravivé la volatilité implicite.

Lorsqu’un événement de ce style apparaît, le marché réévalue le sous-jacent en intégrant la nouvelle.

Lorsque le marché évalue la volatilité implicite, il considère ces 3 différents types de volatilité.
Les événements attendus
Il y a deux types d’événements, l’événement attendu et inattendu. Inutile de s’attarder sur les événements inattendus, car bien qu’ils puissent faire exploser la volatilité implicite (selon leur importance), ils sont presque impossibles à traiter.
Mais, pour les événements attendus, c’est une autre histoire. Prenons l’exemple des FOMC.

Voici, les dates de tous les FOMC de l’année 2023.
Pour chaque événement, nous avons pu apercevoir un saut de la volatilité implicite. J’ai pris ci-dessous l’exemple de la volatilité implicite sur une semaine.

En mars, la volatilité implicite a complètement explosé et pour cause ; la SVB a fait faillite. C’est donc surtout à cause de cet événement (en l’occurrence, cet événement était inattendu) que la volatilité a explosé.
Les autres carrés noirs représentent les augmentations de la volatilité implicite en amont des FOMC.
Pourquoi je vous parle de ceci ? Dans notre dernier volet sur les options, ou nous discutons des stratégies de base, j’ai discuté de deux stratégies qui consistent à se placer acheteur sur la volatilité ; le long straddle & le long strangle.
Lorsque j’ai découvert le fonctionnement des options, j’ai immédiatement pensé “eh, il y a des événements prévisibles qui peuvent amener de la volatilité, je n’ai qu’à profiter de la probable explosion de volatilité qu’amène l’événement.”
Je me suis donc exposé à la volatilité via le produit qui était proposé par FTX à l’époque, les contrats “MOVE”.
Bon, j’ai évidemment très vite découvert lorsque mon contrat a expiré à 0 que, comme je l’ai très souvent expliqué au cours de ces chroniques, il n’y a pas de repas gratuit.
En fait, étant donné que la volatilité implicite grimpe en amont du FOMC, si vous vous positionnez en tant qu’acheteur, il faudra que le prix fournisse un mouvement puissant pour que vous soyez rentable sur ce genre d’événement.
Et, étant donné que la FED se débrouille pour donner en amont ce qu’elle va faire, il est plutôt rare qu’il y ait des surprises lors des FOMC. Mais, cette perte m’avait appris quelque chose tout de même.
Les rumeurs (comme l’ETF Bitcoin), ou les événements attendus (comme le FOMC ou les résultats de l’emploi américain), peuvent être bénéfiques oui ; il faut acheter le produit en amont, attendre que les intervenants se couvrent et fassent grimper la volatilité implicite, et le clôturer avant l’événement.

Comme nous pouvons le voir sur le graphique ci-dessus, la volatilité implicite sur une semaine ne cesse de grimper depuis le 16 septembre, sachant qu’il y a le FOMC aujourd’hui (hier quand cet article sortira). Si la volatilité implicite augmente, alors le prix des options augmente.
Cependant attention. Comme vous le savez, en étant acheteur d’option, le thêta grignote une part du PnL tous les jours, ainsi le timing est extrêmement important.
La deuxième solution, plus risquée étant donné que la perte peut être illimitée, est d’attendre que la volatilité implicite grimpe puis vendre des options s’il n’y a pas eu de nouvelles importantes.
La chaîne des options vous propose des options à un prix correspondant à un niveau de volatilité implicite particulier. Le travail consiste donc à établir votre prévision de la volatilité future.
Si vous pensez que l’actif sous-jacent va bouger plus que ce que prévoit le marché (au travers de la volatilité implicite), alors achetez une option, autrement vendez-la.
Évidemment, si c’était aussi simple nous serions tous multimillionnaires. Mais, vous avez l’idée.
Comprendre les données liées à la volatilité
Dès le début de l’écriture de cette chronique, mon idée n’était pas de vous apprendre à traiter des options, mais simplement que vous compreniez les données liées aux options et leur place dans le monde de la finance. Cela passe par la compréhension du produit et des stratégies, ce que nous avons vu jusqu’à présent.
Je l’avais déjà dit, mais je le répète, les options sont des produits dérivés complexes, et qui peuvent mener à une perte totale du capital, surtout si vous vous positionnez en tant que vendeur.
Vous avez besoin de davantage d’information pour les traiter activement, et de vous former sérieusement. Je laisse ici deux excellentes ressources pour en apprendre bien plus en profondeur :
C’est à travers ces deux personnes que j’ai appris l’essentiel de ce que je sais sur les options, donc merci à eux.
Nous allons désormais pouvoir faire un tour du côté des données sur lesquels vous pouvez tomber, sur Twitter ou The Macronomist.
Le skew
Probablement le plus connu, le “volatility skew” est la différence de volatilité implicite entre les options hors de la monnaie (OTM), à la monnaie (ATM) et dans la monnaie (ITM).
Il est dû au fait que la différence entre les niveaux de volatilité implicite (IV) d’options ayant des prix d’exercice différents mais la même date d’expiration.
Je suis presque sûr qu’à ce stade, l’explication n’est pas claire. Comme d’habitude, nous utiliserons des exemples, donc pas de panique.
Si l’on trace les volatilités implicites (IV) en fonction des prix d’exercice, on peut obtenir la courbe en U suivante, qui ressemble à un sourire. C’est ce qui est fréquemment appelé : le volatility smile.

Cette forme apparaît symétrique si la demande est égale pour tous les types de produits. Mais elle est très rarement symétrique, et se divise alors en deux formes possibles.
Le reverse skew

Si le skew est dans cette forme, cela indique que la volatilité implicite pour les options à des prix d’exercice inférieur est plus élevée que la volatilité implicite pour les options à des prix d’exercice supérieurs.
Cela suggère que les options d’achat dans la monnaie et les options de vente hors de la monnaie sont plus chères que les options d’achat hors de la monnaie et les options de vente dans la monnaie.
Entre autres, cela indique généralement que les intervenants cherchent à se couvrir contre un risque de baisse.
Le forward skew

Dans ce cas, la volatilité implicite des options à des prix d’exercice inférieurs est inférieure à la volatilité implicite des options à des prix d’exercice supérieurs.
Cela suggère que les options d’achat hors de la monnaie et les options de vente dans la monnaie sont plus demandées que les options d’achat dans la monnaie et les options de vente hors de la monnaie.
Entre autres, dans ces conditions, les intervenants pensent que le sous-jacent va grimper.
J’ai affiché ci-dessous le skew des options sur le Bitcoin à expiration du 29 décembre, comme nous pouvons le voir, la courbe ressemble plutôt à celle d’un reverse skew.

Les intervenants cherchent donc à se couvrir contre le risque de baisse.
ATM IV term structure (et le calendar spread)
Graphique très utile, l’ATM IV Term Structure permet d’analyser les taux de volatilité implicite des options à la monnaie (ATM).
Il se présente de la manière suivante :

Vous pouvez également trouver l’ATM IV Term Structure sur Velo Data.
Ce graphique est utile notamment pour ceux qui mettent en place des stratégies de “Calendar Spread”. Explication :
💡 Le calendar spread est une stratégie d’option consistant à vendre un put ou un call avec une expiration court terme, tout en achetant un put ou un call avec une expiration à plus long terme.
Cette stratégie est pertinente si vous vous attendez à une faible volatilité durant les prochaines semaines, mais une explosion de volatilité d’ici quelques mois.
Pour que vous compreniez mieux cette idée, j’ai utilisé le position builder de Deribit pour vous montrer l’effet sur le PnL.
Imaginons que je m’attende à une volatilité relativement faible dans les prochaines semaines, mais que j’ai la conviction que le prix du Bitcoin va exploser avant décembre.
Dans ce cas, je peux mettre en place un call calendar spread.
Je me positionne alors short (vendeur) sur un call option à expiration de fin octobre, au strike price de 27 000 $ (ATM).
Dans un même temps, je me place long (acheteur) sur un call option à expiration de fin décembre, au strike price de 27 000 $ (ATM).

Vous voyez ici que, au jour de la mise en place de la stratégie, j’ai une très petite fenêtre pour avoir raison : de 25 000 à 29 000$.
Mais, si je déplace le curseur jusqu’à la fin du mois d’octobre, mes gains deviennent alors intéressants sur la vente du call option.

Une fois que ce premier contrat a expiré, en espérant que j’ai réussi à prévoir cette période de faible volatilité, alors il me reste plus que mon achat sur le call option qui peut faire effet si la volatilité explose à la hausse entre octobre et décembre.

💡 L’intêret du calendar spread est de récupérer partiellement la prime que vous allez devoir payer pour vous exposer à la volatilité d’ici la fin d’année.
Si j’ai bien accompli mon travail de vulgarisation, vous devriez être en mesure de comprendre l’intêret du graphique “ATM IV Term Structure”.
Il permet de savoir si des options sont trop chères, ou au contraire peu cher, afin d’optimiser votre calendar spread.
En tant que simple consommateur de donnée optionnelle, il permet d’estimer à quel moment les intervenants s’attendent à de la volatilité.
ATM implied volatility
La dernière pour aujourd’hui, l’ATM Implied Volatility vous permet de voir la volatilité implicite pour les options ATM sur une multitude d’unités de temps.

Vous remarquez peut-être la même chose que moi ici : chaque fois que la volatilité implicite à une semaine est égale ou supérieure à la volatilité implicite sur 1 mois, c’est généralement qu’elle marque un sommet avant de se replier.

Peut-être une stratégie à aller chercher de ce côté, en vendant des options chaque fois que IV 1W ≥ IV 1M. Il faut que je creuse !
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Je pars en week-end cette semaine, donc je ne serais pas disponible de vendredi à lundi.
Ainsi, il est possible que l’article de lundi soit un repost, dépendant de si j’arrive à boucler le prochain avant.
D’ici la, je vous souhaite un bon week-end, et à la semaine prochaine !