Nous discutons souvent de “liquidité” dans cette newsletter. Mais qu’est-ce que c’est ? Comment cela impact les marchés financiers ? Quel est le travail d’un market maker ? Pourquoi les événements imprévisibles débouchent sur des mouvements aussi violents ?
Aujourd’hui, penchons-nous sur ces notions prépondérantes au sein de marchés financiers.
Qu’est-ce que la liquidité ?
Dans un premier temps, commençons par définir ce qu’est la liquidité.
J’ai dans un premier temps cherché une définition, mais il n’y a pas de définition exacte.
La définition à plusieurs contextes :
La liquidité exprimerait la facilité qu’il y a, au sein d’une économie, a accéder au crédit.
Dans une économie ou la liquidité est abondante, il est plus facile pour une entreprise de contracter des prêts et de se développer, et inversement.
Dans une économie ou la liquidité est restreinte, l’accès au crédit est limité.
Au sein des marchés financiers, la définition est un peu différente ; elle exprime la facilité à entrer et sortir d’un marché. Par exemple :
Le marché de l’immobilier est un marché peu liquide. Si vous devez vous débarrasser rapidement d’un bien, il faudra probablement que vous le vendiez en-dessous des prix du marché.
A l’inverse, le marché des changes (aussi appelé le forex) est réputé pour être le marché le plus liquide du monde. C’est à dire que vous pouvez échanger de manière quasiment immédiate une grande quantité de dollars contre de l’euro.
Comment les institutions ajustent la liquidité ?
Les banquiers centraux ont plusieurs outils qui leurs permettent d’ajuster la liquidité au sein d’une économie.
Nous avons tout d’abord les taux. Le mécanisme est ici plutôt simple :
Lorsque les taux d’intérêts augmentent, le coût de l’argent est plus élevé, les entreprises sont donc moins incités à emprunter et se développer. La demande de crédit s’érode ; moins d’argent est emprunté auprès des banques, donc la liquidité globale se restreint.
À l’inverse, lorsque les entreprises baissent, les entreprises sont incités à emprunter de l’argent, la demande en crédit augmente, l’argent emprunté est injecté dans l’économie et la liquidité globale augmente.
Mais, l’ajustement des taux n’a pas suffit à parer les plus grandes crises, et c’est d’abord le Japon qui a introduit le Quantitative Easing (QE ou assouplissement quantitatif).
💡 Le Quantitative Easing consiste à ce qu’une banque centrale rachète massivement de la dette publique (donc des obligations d’état) et d’autres actifs financiers afin d’injecter de l’argent dans l’économie et de stimuler la croissance.
Durant les années 2000, le Japon a été victime d’une déflation. Après avoir décidé de baisser ses taux d’intêret à 0%, c’est en 2001 qu’il se décide à utiliser le Quantitative Easing.
Puis, c’est 2008 et la crise des subprimes qui ont fini par contraindre les autres banquiers centraux d’utiliser ce mécanisme.

Comme vous le voyez, depuis le Quantitative Easing ne s’est jamais vraiment arrêté, à part en 2018 - 2019 puis en 2021. Honnêtement, je n’ai pas trop de doute sur le fait qu’il reprendra un jour, sous le nom de Quantitative Easing ou de Yield Curve Control comme c’est le cas au Japon. On ne retire pas aussi facilement la dose d’un drogué.
En 2018 - 2019 et en 2021, la FED a utilisé un autre outil : le Quantitative Tightening (QT).
Il s’agit en fait du parfait opposé du Quantitative Easing ; au lieu d’acheter des titres, la banque centrale vend des titres afin de faire monter les taux et réduire son bilan.
Il est aussi possible de pratiquer le Quantitative Tightening en laissant simplement les obligations arriver à échéance sans réinvestir par la suite. Il s’agit donc d’une politique monétaire visant à retirer de la liquidité de l’économie.
Nous avons plus ou moins terminé les présentations des différents mécanismes permettant aux banquiers centraux de faire accélérer ou ralentir l’économie en fonction de leurs besoins. Nous n’avons pas discuté de tout, nous pourrions également parler du BTFP, la dernière facilité mise en place à la suite de la faillite de SVB.
Nous en avons discuté plus largement dans l’article ci-dessous :
Quel est le rôle d’un market maker ?
Nous entendons sur Twitter X beaucoup de choses à propos des Markets Makers. Entités maléfiques pour certains,