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Archives · juillet 2023

Comment profiter d'un krach ? (Partie 2)


Cet article fait suite à l’article de la semaine dernière, que vous trouverez ci-dessous.

Nous y expliquons bon nombre des éléments qui seront utilisés au cours de cette analyse.

Aujourd’hui, nous ferons un focus plus large sur les performances durant les différentes périodes de crise, afin de comparer ce qui fonctionne le mieux en fonction des causes.

Qu’est-ce qu’une période de crise ?

Commençons par rappeler ceci, afin de vous rafraîchir la mémoire.

Une période de crise est définie par un High Yield Spread au-dessus de 6.5% Le High Yield Spread mesure la différence entre le taux d’emprunt des obligations de catégorie inférieur (high yield) et le taux d’emprunt des bons du trésor américain.

Ticker : BAMLH0A0HYM2EY-US10Y

1974, l’après Bretton Woods

Rappelez-vous, nous avions déjà parlé de cette période de stagflation au cours de cet article.

À cette époque, deux éléments expliquent une période économique particulièrement compliquée, à savoir :

  • La fin des accords de Bretton Woods par le président Nixon

  • Les prix du pétrole qui explosent à la suite de la guerre du Kippour

Augmentation importante du prix du pétrole en 1974 L’inflation en 1974

L’augmentation de l’inflation a mis le prix des actions sous pression. En période d’inflation, les actions les plus performantes sont celles qui réussissent le mieux à répercuter l’inflation sur les consommateurs. C’est peut-être la raison pour laquelle (Apple) est toujours une entreprise très plébiscitée de la part des investisseurs ; son pouvoir de fixation des prix est extrêmement important.

Jamais un iPhone ne sort à un prix inférieur à celui de l’année précédente, chaque année Twitter s’enflamme à l’annonce des prix du nouvel iPhone, pour autant leurs produits sont toujours autant appréciés.

Mais, je m’égare. Pour revenir à 1974, les industries qui ont le moins bien performé 12 mois avant 1974 sont celles qui ont le mieux performé en 1974.

L’augmentation du prix du pétrole et de l’inflation était un bien mauvais mélange en 1973 : le coût des denrées alimentaires augmentait et l’inflation faisait déjà grimper les prix.

Mais, ces secteurs restent même dans les périodes économiques difficiles. Ils ont pu davantage profiter de la baisse de l’inflation dans les 12 mois qui ont suivi, et potentiellement ajuster leurs stratégies.

Également, des secteurs “défensif” dans une période économique difficile ayant fortement corrigé, cela a pu intéresser les investisseurs en quête de sûreté.

Nous pouvons désormais voir ci-dessous les données qui ont été les plus importantes sur l’année 1974.

La value composite (ratio EV/EBIDTA, P/B, P/E et FCF Yield) a été la donnée la plus importante à prendre en compte.

Au travers de la donnée “rotation d’actif”, nous pouvons voir que la façon dont une entreprise génère du cash avec son cash est extrêmement importante : les investisseurs cherchent une entreprise qui optimise ses dépenses.

Un cash-flow positif n’a pas forcément été optimal en 1974 : les entreprises qui dépensent pendant une période inflationniste sont avantagées par rapport aux entreprises qui épargnent.

1980 et le pic de l’inflation

L’explosion du High Yield réside ici dans l’augmentation des taux directeurs à un niveau jamais vu auparavant : Volcker a mené une des politiques de taux les plus agressives de l’histoire de la FED.

L’économie avait donc réellement besoin d’une récession afin d’ajuster les prix et les salaires en réponse à la baisse rapide de l’inflation.

Ce n’est pas le seul problème de ces années, le prix du pétrole s’envole de nouveau également.

La stagnation de l’économie entraîna également une diminution des achats de logements.

Regardons du côté des performances par secteur.

Comme en 1974, le secteur de la santé a réussi à très bien performer, suivi par le secteur éducationnel puis retail.

  • Les prestataires du secteur de la santé sont en mesure de répercuter les coûts supplémentaires liés à l’inflation sur les clients. Les coûts supplémentaires se répercutent sur les primes d’assurance maladie.

  • Le secteur de l’éducation ajuste ses tarifs pour compenser les augmentations des coûts liés à l’enseignement : le salaire des professeurs ou les ressources pédagogiques. Les étudiants et leurs familles sont contraints de mettre la main à la poche dans le système américain.

  • Dernièrement, la vente au détail. Ces entreprises augmentent les prix des biens de consommation pour compenser les coûts supplémentaires causés par l’inflation.

Le point commun entre ces 3 secteurs : ils ont un fort pouvoir de fixation de prix, et sont indispensables pour les citoyens.

Finalement, la question à se poser durant une période de crise est : “même dans la pire situation, qu’est ce qui reste indispensable aux citoyens ?”

Et dans ce cas, la santé, l’éducation et la consommation non durable (alimentation, vêtement…) sont les choses les plus importantes. D’ailleurs, le secteur du divertissement est celui qui a le moins performé.

Regardons les données.

Comme auparavant, deux données sont importantes : la value composite et la rotation d’actif.

Période inflationniste, le cash-flow positif n’est toujours pas une donnée très pertinente.

1986, la chute du pétrole

En 1980, comme nous l’avons vu juste avant, l’économie est au ralenti, ce qui fait ralentir la demande en énergie.

Suite à l’arrivée de nouveaux acteurs non-membres de l’OPEP sur le marché, l’Arabie saoudite en a assez de devoir respecter les quotas imposés par l’OPEP. En réponse à cela, elle décide d’inonder le marché de pétrole : la baisse du cours sera compensée par l’augmentation des parts de marché.

La chute du pétrole en 1986

Aux USA, 5 000 puits de pétrole sont contraints à la fermeture car ils ne sont plus assez rentables. La relation entre la chute du prix du pétrole et le nombre d’entreprise faisant faillite aux USA est visible ci-dessous :

Le fonds monétaire international (FMI) a également dû venir en secours au Mexique, un pays producteur de pétrole non-membre de l’OPEP qui ne pouvait pas résister à une telle baisse des prix du pétrole. Sa dette s’est ainsi envolée, et sans l’intervention du FMI, le pays aurait probablement fini par faire défaut.

The Mexican Crisis: No Mountain Too High?

En 2023, le pétrole est déjà une donnée importante à prendre en compte pour l’économie, durant les années quatre-vingt il est encore plus prépondérant qu’actuellement ! Une envolée du prix du pétrole a eu des effets terribles sur l’économie, et c’est sans doute pour cela que l’union européenne cherche tant bien que mal à réduire sa dépendance au pétrole. Nous sommes complètement dépendants des exportations en termes de pétrole.

Trois industries ont réussi à mieux performer pendant cette période :

Le minage, la technologie et le traitement des déchets.

Le minage a probablement profité de l’envolée du prix de l’or durant cette période, qui est passé de 334$ à presque 500$ pendant que le pétrole chutait.

La technologie est un secteur naissant à cette période, et son avantage réside, à mon sens, dans sa plus faible dépendance au pétrole.

Le traitement des déchets est moins dépendant des fluctuations économiques : peu importe la situation, les déchets continuent à être produits et donc… Traités. Ce marché résiste, indépendamment des conditions économiques.

Du côté des données importantes, Value Composite a de loin été la donnée la plus importante à prendre en compte, suivie par le fait qu’une entreprise se désendette et la rotation d’actif.

Les années 2000, et la bulle Internet

“J’ai mal au ventre, j’ai perdu une fortune. J’ai des actions qui ont fait -15, -20% vendredi, et maintenant les gens me disent qu’elles sont trop chères.”

Seth Tobias, Hedge Fund Manager dans le Wall Street Journal

La crise des années 2000 à suivi la plus longue période d’expansion économique, portée par la création puis la démocratisation d’Internet. En 1999, un livre nommé “Dow 36 000” sorts, prévoyant que l’indice Dow Jones atteindrait 36 000 points en 2024. Ce livre a popularisé l’investissement auprès des particuliers, ce qui a pu également alimenter la bulle internet.

Le marché boursier a subi des pertes astronomiques, l’indice NASDAQ était revenu au niveau de 1997. Cela a probablement un lien avec la montée des taux qu’a entrepris la FED de 1999 à 2000.

La FED a rapidement baissé ses taux d’intêret pour soutenir les marchés, et a maintenu des taux sous 1.75% jusqu’en 2004.

Puis, les attentats du 11 septembre 2001 et le début de la guerre en Afghanistan ont finalement soutenu l’économie. On estime que les USA ont dépensé plus de 2000 milliards dans les différents conflits ayant suivi les attentats du World Trade Center.

Les secteurs ayant très bien performé les 12 mois précédents sont à la traîne et les secteurs à la traîne les 12 mois précédents sont désormais sur le devant de la scène.

Ceci résume assez bien l’approche “value” de l’investissement : profiter du fait que le marché a sous-évalué un secteur (ou une action) car il est occupé avec les secteurs à la mode.

Du côté des données, la Value Composite, la rotation d’actifs, le flux de trésorerie, et le revenu positif ont tous étés très importants.

Il faut ici prendre en compte ce qu’à permis l’éclatement de la bulle internet : une purge des entreprises qui n’étaient pas rentables et endettées jusqu’au cou. Un peu dans la même idée que les cryptos durant la période 2020-2021 : la majorité des entreprises liées à Internet n’était pas rentable. L’éclatement de cette bulle a récompensé les entreprises les mieux gérées et nettoyé les entreprises dont le business model n’était pas bon.

Une entreprise avec une valorisation élevée et un flux de trésorerie négatif revient a la réalité quand les intervenants prennent peur.

Mais n’oubliez pas : les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous pouvez rester solvable. La bulle en cours sur l’IA nous le prouve, le ratio prix / bénéfice de (NVIDIA) atteint 219 pour l’année 2023.

Vous pouvez tenter de réaliser un remake de “The Big Short”, en shortant la bulle ultime. Mais qui sera le plus rentable : la personne qui a profité à l’achat de la bulle de NVDA et a réalisé une performance de +200%, ou la personne qui a short le plus haut de NVDA et qui, de toute façon, aura son gain limité à +100% ?

Car oui, à l’achat vos gains sont illimités, mais à la vente à découvert, même si l’action tombe à 0 vous ne réalisez “que” +100%.

Voilà pour l’article du jour. Je ne voulais pas faire trop long, donc nous nous arrêterons à la crise des années 2000 aujourd’hui.

Je n’ai pas oublié que je vous donnerais les actions qui m’intéressent en cas d’une panique de marché : soit dans la partie 3 soit dans la partie 4, selon la longueur.

J’essaie de rester au maximum entre 1500 et 2000 mots pour éviter que les articles soient indigestes.

Pour ceux qui ne l’ont pas vu, j’ai ouvert le Discord pour les membres premiums. Si vous lisez ce message, vous pouvez donc y accéder, la marche à suivre est disponible ci-dessous :

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Je poste sur Instagram les graphiques les plus importants à retenir.