
Aujourd’hui, dans la suite de cette série d’article, nous continuons d’étudier les différentes données en fonction des périodes de crises. La partie I et II sont trouvables ci-dessous :
2008, crise des subprimes
Ce que nous savons de la crise financière mondiale, c’est que nous ne savons pas grand-chose.
Paul Samuelson
J’en profite pour glisser un sondage, la crise des subprimes est tellement ancrée dans la culture populaire que je ne sais pas si, pour vous, c’est pertinent d’en discuter pleinement au cours d’un article :
Un rapide rappel s’impose : Le 15 septembre 2008 , Lehman Brothers fait faillite. La cause ? Une vague de défaut sur les prêts hypothécaires à risque, connu sous le nom de “Subprimes”.
Le gouvernement fédéral américain a refusé de la renflouer, causant de lourds dégâts à toute l’économie américaine dans un premier temps, puis l’économie mondiale ensuite.
Cette période fut marquée par une explosion du chômage, qui est passé de 4 à 10%. C’est à ce moment que la FED a stoppé la hausse des taux qu’elle avait entrepris à cette période.

Cette récession a été unique, car la stabilité de tout le système financier était remise en question. Lehman Brothers a laissé dans ses décombres, un trou de 600 milliards de dollars.
C’est un des fameux “credit event”, dont nous avons parlé de nombreuses fois.

Le positive Net Income a été encore une fois la donnée la plus importante. Vient ensuite le fait qu’une entreprise allège sa dette, “deleveraging”.
Au bout de 24 mois, la rotation d’actif et le cash-flow positif sont également devenus des métriques très importantes.
Comme dans la majorité des crises que nous avons étudiée au cours de cette série d’article, le maître mot reste : rentabilité.
2010, la crise de la dette grecque
Moment tendu pour les membres de l’Union Européenne. De nombreux états souverains ont contracté plus de dettes qu’ils ne pouvaient en gérer, venant d’institutions financières insolvables ayant subi d’énormes pertes dans la crise des subprimes.
La Grèce a accumulé une dette publique énorme par rapport à la taille de son économie. Le pays emprunte de l’argent pour rembourser sa dette, mais les marchés financiers ont perdu confiance dans sa capacité à la rembourser, entraînant une augmentation des taux d’intêret.

La Grèce a alors fait appel à l’aide international et a conclu plusieurs programmes de sauvetage avec l’UE, la BCE et le FMI. Des mesures d’austérité sévères ont été appliquées en contrepartie, coupes budgétaires, hausses d’impôts et réformes structurelles.
Elle n’est d’ailleurs pas le seul pays touché du fait de la monnaie commune aux pays de l’Union Européenne, et une large partie des pays de l’Union Européenne voit le poids de leur dette augmenter par rapport à leur PIB.

Quand la dette augmentait en pourcentage du PIB, les rendements obligataires augmentaient, rendant le refinancement de la dette plus coûteux.
Cette crise était essentiellement européenne, même si elle s’est légèrement ressentie sur les marchés américains. Le SPX par exemple, a perdu 15%.

Le système de Verdad est basé sur le marché action américain, ce qui fait que les facteurs perdent en pertinence. Néanmoins :

Le cash-flow positif, et le revenu net positif sont encore une fois les deux facteurs les plus importants.
2015, le crack pétrolier
Dernière crise que nous verrons au cours de cette chronique. J’ai volontairement omis de parler de la petite récession de 2012, car elle n’était que la continuation de la crise de la dette européenne.
Cette crise est assez similaire à cette de 1986, dont nous avions déjà discuté dans le volet précédent :
En 2014, l’OPEP était sous pression car de nouveau pays sont entrés sur le marché du pétrole, notamment l’arrivée du pétrole de schiste américain.
En novembre 2014, l’OPEP se réuni à Vienne, et l’Arabie saoudite convint les autres membres de ne pas soutenir les prix du pétrole. En conséquence, le prix du baril chute de 75%, passant de 108 à moins de 28$.

Cet événement arrive à un moment ou la banque fédérale américaine a augmenté ses taux directeurs dans le cadre d’une normalisation de la politique monétaire après la crise des subprimes.
Mais, nous l’avons vu précédemment, l’Europe est dans une situation délicate. Le dollar devient alors extrêmement fort par rapport à l’Euro, dû aux déboires de l’Europe et à la politique monétaire restrictive de la FED.

Le DXY, l’indice de force du dollar, explose également, passant de 79 à 100 en l’espace de quelques mois.

Ce renforcement du dollar a entraîné une diminution de la demande de pétrole, à mesure que le dollar devenait plus fort, les marchés émergeants avaient plus de difficultés à rembourser leur dette libellée en dollars.
Cela a également exercé une pression sur la Chine, qui a fixé pendant un temps sa monnaie au dollar américain. La Chine étant la première importatrice de pétrole dans le monde, elle subira sa pire année économique en 2015, avec une croissance de seulement 1.5%

L’industrie du minage, de l’éducation et de la construction sont celles qui ont le mieux performé durant les 12 mois suivant cette crise.

Ainsi, cette opportunité a été saisie par les intervenants, comme nous pouvons le voir. Les pires performances ont été particulièrement bien achetées.
Jetons un œil du côté des différents facteurs :

La Value composite et le cash-flow positif ont été les deux éléments prépondérants de cette crise.
Bilan
Cette série d’article n’est pas encore tout à fait clôturée, je dois encore réaliser une dernière partie ou je vous donnerais quelques actions qui m’intéressent dans le cas où nous entrons dans une période de crise.
Rappel que Verdad estime que nous sommes en période de crise quand le High Yield Spread dépasse les 6.5%.

Mon opinion strictement personnelle, est qu’il finira par y avoir un événement de crédit ou du moins, un événement suffisant qui fera paniquer la FED et pivoter la politique monétaire.
Et comme on le sait si bien, les marchés arrêtent de paniquer quand la banque centrale commence à paniquer.
Je ne sais pas dans quelle mesure, ce dit événement sera important. Le but n’est pas d’annoncer la fin du monde, ou même un remake de 2008 (peu probable), mais simplement de se préparer à ce moment pour faire les soldes obtenir les actions / actifs qui m’intéressent.
Ce dernier a été très sous-performant durant la première partie de l’année et il devient à nouveau intéressant pour la seconde partie de l’année 2023.
Les variables les plus importantes à prendre en compte sont donc :

Nous avons tendance à oublier que les entreprises ont comme objectif premier de faire de l’argent et idéalement, d’assurer leur propre croissance. Au cours de l’année 2020 - 2021, c’était foncièrement différent ; tout était sujet à spéculation. Montres, Lego, cryptos, tout y passait. Les politiques monétaires accommodantes et le Quantitative Easing déversaient des tonnes de cash frais sur les marchés.
Désormais, nous sommes dans un environnement bien différent de taux élevés, et de Quantitative Tightening. Tout l’inverse. Il faut donc s’adapter et revenir aux fondamentaux.
Une entreprise rentable, à la croissance stable, idéalement avec un certain historique. Quand ledit événement arrivera, je m’exposerais alors aux petites et moyennes capitalisations, profitant des soldes.
En attendant, je garde du cash au chaud, sur des obligations de bonne qualité, et quelques rotations sectorielles, comme celui de l’énergie auquel je me suis exposé récemment via ETF. J’ai une conviction dans le fait que l’énergie performera mieux que le reste des secteurs durant la seconde partie de l’année 2023 (pas un conseil d’investissement).
Je poste sur Instagram les graphiques les plus importants à retenir.